Chômage : la France est à la traîne du G8 depuis plus de 30 ans

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Avec ou sans crise internationale, notre modèle économique et social est incapable de renouer avec le plein-emploi. La France est d’ailleurs le seul pays du « groupe des huit pays les plus industrialisés » qui n’a pas vu son taux de chômage descendre sous la barre des 7% depuis plus de trente ans.

Graphique : Taux de chômage le plus bas enregistré depuis 1983

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Même l’Italie que l’on observe de loin, souvent avec condescendance, y est parvenu durant trois années consécutives de 2006 à 2008 avant de voir ses efforts anéantis par la crise des dettes souveraines dans la zone euro. Désormais, comme pour l’Italie, les années qui viennent seront cruciales pour la France, avec l’obligation de retrouver une prospérité économique pour encore espérer faire partie du « club des huit ».

Sommes-nous certains que se passer des ressources physiques et intellectuelles de plus de 5 millions d’individus est la meilleure réponse à notre développement économique ? Peut-on encore penser cela aujourd’hui, même si l’on est riche comme Crésus, rentier d’un quelconque capital, ou bénéficiaire à vie d’un emploi protégé ? Peut-on vraiment croire qu’une société humainement déficiente, indigne pour les demandeurs d’emploi qui veulent travailler, et profondément injuste pour ceux qui travaillent (encore), durera indéfiniment ?

Une transformation de la société française s’impose

Nous devons impérativement refonder notre pacte économique et social, sans quoi les détenteurs de privilèges d’aujourd’hui auront le même sort que ceux qui en détenaient avant 1789. Les mêmes causes produisant les mêmes effets.

Albert Einstein disait : « La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent. » Il disait aussi : « Si le monde est devenu trop dangereux pour qu’on y vive, ce n’est pas à cause des gens qui font le mal, mais à cause de ceux qui les laissent faire sans bouger. » A-t-on vraiment exigé de nos gouvernements successifs qu’ils changent les choses ? N’est-on pas sur la question de l’emploi dans une certaine folie depuis quarante ans ? Qui peut encore croire des promesses électorales qui ne remettent pas en cause – et ce, en profondeur – notre modèle d’État-providence ?

Si rien ne change, les Français continueront à se désespérer, comme en témoignent les différentes enquêtes internationales qui les placent au premier rang des nations les plus pessimistes au monde. Autre chiffre inquiétant, la France a l’un des taux de mortalité par suicide le plus élevé d’Europe, cinq fois plus élevé que celui de la Grèce en 2009. Bien plus que la peur immédiate du chômage et de ses conséquences, les Français ne semblent plus croire en leur avenir.

L’impossible retour du plein-emploi en France

Le chômage en France, bien plus que dans d’autres grands pays développés, s’inscrit dans une logique structurelle bien rodée, c’est-à-dire une organisation pérenne des facteurs qui l’engendrent. Ce système pernicieux, qui nous pousse au déclin économique par l’augmentation insoutenable de nos dépenses publiques et la perte de compétitivité de nos entreprises, peut se résumer ainsi :
On demande à l’État de « réparer » la non-création et la destruction d’emplois en lieu et place d’une recherche de compétitivité et de flexibilité du travail, concepts « immoralement » imposés par les entreprises, mais « vertueusement » soutenus par les consommateurs.

Au final, le coût de cette nécessaire « réparation », évidemment colossal, plombe irrémédiablement la compétitivité recherchée à cause des cotisations et des taxes qui permettent de « réparer » le non-emploi. Sans oublier toutes les réglementations censées protéger l’emploi, qui, subrepticement, entraînent une moindre prise de risque de la part des employeurs et se traduisent par un marché du travail atone, fortement précarisé.
Pour atténuer les méfaits d’une économie de marché très peu régulée, in fine destructrice d’emplois, l’État français s’est fait le chantre d’un service public tout-puissant censé asseoir notre développement économique. Partant de là, les pouvoirs publics se sont autorisés à recruter massivement dans toutes les strates de l’administration, mais voilà, la réalité n’est pas aussi idyllique et les résultats ne sont pas au rendez-vous. D’une part, trop de postes ont été créés ou maintenus, souvent par pur clientélisme, alors qu’ils ne rendent pas à notre économie les services attendus pour son essor ; d’autre part, l’accroissement continu des prélèvements obligatoires pour financer notre secteur public omnipotent finit par peser très lourdement sur les entreprises, ce qui annihile l’innovation et la création de richesse dans le secteur marchand. Comble du paradoxe, tout cela finit par assécher les recettes d’un État qui ne parvient plus à financer ses dépenses de fonctionnement sans creuser sa dette.

Ainsi, la boucle d’un cercle vicieux qui a commencé il y a quarante ans est bouclée. L’endettement sans limite pour couvrir des dépenses qui ne préparent pas l’avenir économique de notre pays est mortifère. Pour n’importe quel créancier, il y a une ligne rouge qu’un débiteur ne doit pas dépasser. L’État français a franchi récemment cette ligne rouge et ses créanciers ne tarderont pas à lui rappeler ses obligations. Si rien ne change en profondeur, le déclin de la France finira par emporter le modèle de société dont elle était si fière, beaucoup trop fière d’ailleurs, jusqu’à s’en aveugler. Sans un sursaut national pour une refondation urgente de notre pacte économique et social, la France sera bientôt à genoux et probablement pour longtemps.

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